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61ème anniversaire de l’indépendance : Encore un événement bon à slamer pour Yekima

« Son excellence monsieur le Poésident » annonce son prochain titre Kabila-Fatshi ce 30 juin avec comme affiche les portraits des trois derniers présidents, en l’occurrence Laurent-
Désiré Kabila, Joseph Kabila et Félix-Antoine Tshisekedi.

« Bonne fête de l’indépendance ! J’avais hâte de partager avec toi l’affiche de mon prochain
hit », c’est le mot personnel adressé au Courrier de Kinshasa par le slameur. Repris au bas
de l’affiche, il n’aide pas à se faire une idée du contenu de la prochaine oeuvre. Cependant,
l’on note que depuis 2018, il n’est plus un seul événement marquant de la vie congolaise
que Yekima n’immortalise par un slam. En effet, depuis l’octroi du Prix Nobel au Dr Denis Mukwege en 2018, en passant par la crise économique occasionnée par la Covid-19 l’an dernier, l’éruption du Nyiragongo en mai dernier, il ne laisse rien passer sous silence.

Et maintenant les 61 ans d’indépendance de la RDC ?

Tout porte à croire qu’il y a un lien avec cette commémoration qui se fait dans la  méditation, troisième vague de la pandémie oblige, mais pour l’instant, le
slameur se refuse à tout commentaire. Place Mukwege, Mpiak’Corona, Jambo Goma, les trois titres précédents étaient déjà assez parlants d’eux-mêmes. Mais à quoi faut-il vraiment s’attendre  avec Kabila-Fatshi ? L’on a peine à croire que ce partage de
l’affiche faite ce 30 juin soit un geste fortuit, connaissant Yekima. Le seul indice qui puisse
aider à décrypter le morceau à venir, qu’il tient déjà pour un succès, assez prétentieux diraient certains, est son affiche. Encore faut-il arriver à déceler le message que l’artiste
veut transmettre à travers les attitudes des trois personnalités reprises dessus. Que
faudrait-il comprendre au fait que Kabila-père se cache les yeux avec ses mains, et le fils,
qui a les siennes posées sur sa bouche alors que Fatshi utilise les siennes pour couvrir ses
oreilles ? Pour d’aucuns, des trois, c’est la posture du Raïs, Joseph Kabila, que l’on peut
cerner le mieux. Elle devrait  se rapporter à un trait de son caractère, savoir que l’ex-président réputé taciturne avait été souvent critiqué pour son mutisme face au vécu congolais.

L’on se demande bien sur quoi Laurent-Désiré Kabila fermait les yeux ?

Quant à l’actuel chef de l’Etat, peut-on penser qu’il s’agisse d’un manque d’écoute, une sorte d’insensibilité face aux multiples soucis, défis du quotidien des Congolais ? Un reproche quant au peu de cas porté aux attentes du peuple quant à sa vie sociale…
Le peuple nourrit de promesses se lasse de ne pas les voir se réaliser, comme cela se dit dans les rues…

L’autre détail de l’affiche, même s’il n’aide pas non plus à s’imaginer le réel propos de Kabila- Fatshi, c’est son fond. Les lignes imprimées rappellent curieusement les billets de
banque congolais mais il y a aussi les armoiries qui renvoient à la nation, la présidence. Qu’il est question de politique, cela ne fait aucun doute. Et, le lien établi entre les trois présidents reste l’usage qu’ils font de leurs mains mises en évidence. Et, à chaque fois, elles sont utilisées pour obstruer comme pour mettre l’accent sur un déficit renvoyant respectivement à une supposée cécité, mutité et surdité des présidents.

Néanmoins, comme il l’avait fait pour Les années Zaïre, Yekima nous sert un nouvel aphorisme dans Kabila-Fatshi. Et, dans la réplique on va dire « Les années Zaïre ne sont pas toutes à haïr », le slameur nous renseigne que « Les années Congo ne sont pas toutes des années qu’on gomme ». Pour savoir ce qu’il en est au juste, il ne nous reste donc qu’à prendre notre mal en patience. Attendre la sortie du slam pour comprendre ce qui
le mène à cette conclusion qu’il invite à adopter.

Nioni Masela/lecourrierdekinshasa.com/

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