• dim. Oct 25th, 2020

Adolph Muzito : ‘’Nous refusons d’être une opposition qui accompagne un pouvoir illégitime ‘’

Adolph Muzito, un des leaders de la coalition Lamuka, est revenu sur sa position tranchée prise à l’égard du nouveau pouvoir de Kinshasa. C’était au cours d’une interview accordée à la presse française ce vendredi 15 novembre.

C’est un peu en réponse aux récents propos tenus par le cardinal de Kinshasa mardi dernier.

Ce jour-là, devant la presse, Fridolin Ambongo avait demandé à l’opposition de ne pas s’accrocher au combat de la vérité des urnes, parce que, a-t-il dit, l’évolution de la situation politique actuelle en RDC démontre que cette question est bien révolue.

En réaction, l’ancien premier ministre congolais sous Kabila a estimé que abandonner ce combat sera cautionné les résultats des élections du 30 décembre dernier qui, selon lui, avaient été émaillées de fraudes et s’étaient soldées sur la proclamation d’un non élu par le peuple congolais.

A l’occasion, le co-fondateur de Lamuka a également taclé la coalition au pouvoir, estimant que celle-ci est en difficulté de progresser sous ce format.

Même s’il reconnait en Félix Tshisekedi le fait d’avoir libéré les prisonniers politiques puis autorisé le retour de certains exilés, Muzito essaie de démontrer que le pouvoir est plutôt entre les mains de Joseph Kabila et que la gestion du pays doit autrement être appréhendée.

« Félix Tshisekedi ne résiste pas à la pression de Kabila et il sait comment il est arrivé au pouvoir. Il a eu une majorité présidentielle sans majorité parlementaire. Kabila a la majorité parlementaire .Félix ne peut donc agir. Il a réussi quand même à libérer les prisonniers politiques. Il a permis le retour des plusieurs leaders politiques de l’opposition dont Moise Katumbi. La gestion du pays ce n’est pas ça. C’est mobiliser les ressources internes et externes. Le Congo a besoin de 20 et 30 milliards pour se reconstruire », dit-il.
 
L’opposant ne marie pas l’idée d’une opposition républicaine mais promet plutôt la contestation et la résistance.

« Une opposition c’est accepter avoir une minorité parlementaire et les autres une majorité parlementaire. Ce qui n’est pas le cas, car les autres n’ont pas gagné les élections. Ils ont fraudé. Nous sommes une résistance et nous pouvons donc résister au sein de toute la société, même au parlement », chute-t-il.

Amour Imani Christian

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