Crise en Ukraine : Un français a parcouru 3000 km en voiture pour sauver ces amis

Un périple de quatre jours et plus de 3000 kilomètres. Depuis que la Russie a commencé à envahir son voisin ukrainien, l’entraide s’organise pour secourir les civils déplacés ou menacés par le conflit. Et ce jusque dans le département de la Loire, où un homme vient de traverser l’Europe pour venir prêter main-forte à un ami ukrainien, relate Le Progrès. 

Depuis les années 1990, grâce au travail d’une association accompagnant des enfants de la région de Tchernobyl, André et Sylvie Bouchet accueillent chaque été un petit garçon, Vadim. Une relation s’est logiquement nouée entre le couple de Français et l’Ukrainien, aujourd’hui âgé de 31 ans. André a même été le témoin de mariage de son ancien hôte, et est désormais le parrain de son fils.

Alors quand la guerre a éclaté en Ukraine, cet habitant de Savigneux, à mi-chemin entre Clermont-Ferrand et Lyon, n’a pas hésité bien longtemps. Il s’est lancé, samedi 26 février, dans un long parcours. L’objectif: ramener Anna et Micha, la compagne et le fils de Vadim, ainsi que Sacha et Kira, l’épouse et la fille de son meilleur ami. Les hommes, eux, sont contraints de rester en Ukraine pour protéger leur pays, comme tous les hommes de 18 à 60 ans.

“Quand on aime quelqu’un, on est prêt à aller au bout du monde pour lui”
Après avoir roulé jusqu’à la frontière entre l’Ukraine et la Roumanie, où Vadim et son ami avaient pu conduire leur famille, André Bouchet a donc rebroussé le chemin, avec deux femmes et deux enfants à bord de la voiture familiale. “Je lui ai promis de prendre soin de ses proches”, a-t-il raconté à la presse régionale.

Pour autant, le Français refuse d’être vu comme un héros. “C’est le cœur qui a parlé, pas la raison”, explique-t-il au Progrès. Et d’ajouter que c’est surtout pour Vadim, qu’il a connu petit garçon, qu’il s’est lancé dans son périple: “C’est une histoire d’amitié. Quand on aime quelqu’un, on est prêt à aller au bout du monde pour lui.”

Lui pense surtout aux familles qu’il soutient, et à l’incertitude qui les attend. “Les mamans sont épuisées nerveusement. Elles ont laissé leurs hommes, leur pays, et ne savent pas pour combien de temps”, raconte-t-il à France Bleu. “Et Vadim, 31 ans, l’horizon qu’il a, c’est d’aller affronter les chars russes à mains nues.” En attendant, l’épouse et le fils de Vadim resteront autant que nécessaire chez les Bouchet, près de Saint-Étienne. L’autre maman et sa fille, elles, doivent aller dans les jours qui viennent en Suède, où des proches les attendent.

 

Eugène Vomba

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