État de siège: Exacerbée par l’insécurité,une jeune fille étudiante adresse une lettre ouverte au chef de l’État après que sa mère ait perdue ses biens dans une embuscade tendue par les ADF

Une lettre ouverte a été adressée au chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, par une étudiante de l’Université Officielle de Semuliki Beni ( UOS/BENI) Kavira muhongya inscrite en G3 économie.

Affligée par l’insécurité qui bat record dans les provinces sous état de siège, dans sa lettre, cette étudiante lance un cris de désespoir et d’alarme au Chef de l’État Congolais après que sa mère ait perdue tous les biens qui constituaient son capital dans une embuscade leur tendue par les ADF il y a peu que la route Bunia-Mambasa.ne sachant plus comment la famille pourra subvenir aux besoins des enfants orphelins de Père,
cette jeune étudiante, demande au Chef de l’État Congolais de pouvoir concentrer tous les efforts possibles afin de mettre terme à cette tragédie qui n’a que plongé le peuple congolais dans la honte et la vulnérabilité.elle exige aussi la restitution des biens de sa mère par l’État,car celle-ci s’est déjà acquittée de ses devoirs civiques,mais l’État a été incapable de sécuriser sa mère et ses biens.

Ci-dessous est l’intégralité de Cette lettre.

Lettre ouverte au président de la République Démocratique du Congo.

Beni Le 13 Mai 2022,

Monsieur le Chef de l’état, je vous transcrit ces paroles sur le papier de ma tristesse et avec l’encre de mon indignation pour vous faire parvenir mon cri de détresse. Les cris de lamentation d’une jeune femme ambitieuse et pleine d’énergie mais dont le destin vient d’être détourné suite aux actes barbares qui caractérisent l’insécurité grandissante et persistante dans la région de Beni-Ituri.

Je ne suis pas la seule personne affectée par les atrocités de Beni-Ituri, je ne suis qu’une victime de plus aux côtés des milliers des personnes déjà affaiblies et détruites par cette guerre.

Mon cas n’est pas non plus spécial, mais je vous prie monsieur le Président de me lire attentivement car ces lignes vous transmises renferment la douleur de toute une génération qui traverse la situation similaire.

Orpheline de père depuis le bas âge, je n’ai eu que ma mère pour m’élever. Membre d’une famille nombreuse, ma mère a sauté sur chaque opportunité de travail qui se présentait en vue d’assurer un avenir meilleur à ses enfants.

De l’agriculture à l’élevage passant par des petites activités de commerce, j’ai vu ma mère prendre des risques énormes pour garantir notre lendemain. Rien n’a été facile pour elle, c’est d’ailleurs le cas pour plusieurs femmes de Beni qui élèvent leurs enfants seules tout en étant confrontées à une situation sécuritaire toujours volatile.

Sans se soucier des dangers, ma mère à grimper sur des camions, emprunter des routes peu sécurisées au risque d’être victime d’une embuscade et tout cela pour nous nourrir, nous scolariser et faire de nous des personnes utiles à la société.

Après plusieurs Cascades, ma mère a pu réunir une Somme importante pour pouvoir s’installer dans un petit village situé à 51 kilomètres de Bunia, route Bunia-Kisangani.
Là aumoins elle pouvait se ravitailler à Bunia et revendre au village espérant gagner un peu plus pour subvenir à nos besoins.

Pendant qu’on pensait pouvoir se stabiliser un peu, voilà que la plus mauvaise nouvelle vient de s’abattre,

Toute la marchandise que ma mère a acheté viens d’être incendié à bord d’un camion lors d’une embuscade tendue à plus de huit véhicules sur le tronçon routier Bunia-Kisangani vers LOLWA.

Tout notre espoir s’est écroulé au même moment que cette incident.

Nous à Beni désespérés et meurtris, ma mère elle se trouve à plus de 300 kilometres de nous, abattue et incapable de nous rejoindre suite à la dégradation de la situation sécuritaire sur la route Bunia-Beni.

Elle n’a plus rien, ma chère mère. Et nous non plus.
Mes frères ne reverront peut-être plus le banc de l’école, et moi je devrais déjà oublié mon rêve d’être graduée cette année…
La désolation a pris place dans nos vies et tout à sombrer !

Qu’est-ce que nous allons devenir sans ressources ni revenus, devrions- nous commencer à voler ou à se prostituer ? Non non non, ce n’était pas ça le rêve de ma mère, ni le mien…

Monsieur le président, je ne saurai vous exprimer avec tous les détails possibles, la complexité de ma situation actuelle.

Comprenez juste que l’impasse dans le quel je suis est le quotidien des milliers des jeunes filles et garçons de Beni qui ont vu leurs rêves piétinés suite à cette guerre qui n’a que trop duré.

Avec plus de dix mille personnes tuées, des milliers d’enfants orphelins, des milliers des personnes déplacées, des centaines des villages incendiés, sans compter les centaines des véhicules qui ont péri avec plusieurs capitaux, les dégâts de cette guerre sont énormes et nous affectent quotidiennement.

Nous sommes fatigués à être appauvri, fatigués à enterrer nos proches en se demandant qui serait le prochain sur la liste…

Nous avons marre de rêver, de bosser dur pour matérialiser nos rêves, puis finir les mains vides, déchirés par les fléaux de la guerre.

 

Monsieur le Président, que feriez- vous à ma place ? que feriez- vous si votre mère, l’unique qui puisse subvenir à vos besoins, perdaient tous ses capitaux durement acquis et sans espoir d’être indemnisé ou voir son bourreau puni?

Moi à votre place, si j’étais comme vous, président de ce pays, je concentrerai tous les efforts possible pour mettre fin une bonne fois pour toutes à cette aventure des groupes armés qui n’a que plongé le peuple congolais dans la honte et la vulnérabilité.

Monsieur le Président, vous remerciant pour le temps et l’attention que vous porterez à cette lettre, je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments sincères et respectueux.

 

Pour Kavira Muhongya étudiante de l’uos, G3 économie
Adresse : Beni, Nord-Kivu RDC
Numéro : +243 976 275 859

 

Christian Mahamba

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