RDC-60ème anniversaire de l’indépendance : du bon et du moins bon

Du classique pour un message à la Nation d’un chef d’Etat en régime pluraliste. Les partisans du Président approuvent. Les thuriféraires vont jusqu’à applaudir à tout rompre le plus « abouti » des discours. De l’autre côté de l’échiquier politique, les adversaires désapprouvent. Les plus extrémistes rejettent en bloc.Félix-Antoine Tshisekedi ne saurait échapper à cette tradition. Une quasi loi d’airain. Entre ces deux postures manichéennes, il y a ceux qui écoutent avec les deux oreilles et voient le monde avec leurs deux yeux. Du bon et du vrai dans l’adresse du chef de l’Etat, il y en a bien eu.Lorsque le Président se réjouit de lourdes pertes subies par quantité de groupes armés locaux et étrangers qui écument l’Est du pays, comment ne pas le reconnaître. Mais, le chef de l’Etat ne dit mot de certaines incursions de taille signalées à nos frontières.C’est notamment le cas des forces régulières zambiennes dans la région de Moba dans le Tanganyika. Or, là aussi il s’agit d’une atteinte grave à l’intégrité du territoire. Celle-ci rimant avec menace de balkanisation.A ce propos, Félix-Antoine Tshisekedi a fort opportunément évoqué les erreurs au seuil de l’indépendance et le rôle néfaste des puissances extérieures dans la chienlit politique qui a failli sonner le glas de l’unité nationale. Très bonne inspiration.Le hic, c’est que 60 ans plus tard, l’histoire semble se répéter. Certaines de ces puissances étrangères semblent toujours à la manœuvre. Cette fois- ci pour attiser les divisions entre la famille politique du Président Tshisekedi et celle de son prédécesseur. Or, tout observateur sérieux sait que l’équilibre actuel, quoi que fragile, tient à l’axe Cité de l’Union africaine -Kingakati. A en juger par des séquences de conflits répétitifs, on n’a pas l’impression que la leçon de 1960 ait été assimilée.Tribalisme, tribalité ou « nationalisme tribal » ?

Le chef de l’Etat a mille fois raison de décrier ce vice de nos Etats aspirant à devenir des nations.Seulement, dans des provinces comme le Haut-Katanga et même à Kinshasa, l’activisme politique repose de plus en plus sur la donne tribale assortie de violences. Une chose est de condamner verbalement les velléités tribalistes, une autre et, à coup sûr la plus importante, est d’œuvrer concrètement pour la concorde nationale.Au regard des réalités sur le terrain, pas sûr que l’on en prenne le chemin.Dialogue républicain et/ou interinstitutionnel ? On ne peut pas faire grief au Président de n’en avoir pas parlé. Et même de n’avoir pas souscrit à cette pratique. Un bémol : les « affaires » de ces dernières semaines trahissent au mieux le déficit de dialogue et, au pire, son absence carrément.En témoigne l’encerclement à plus d’une reprise du siège du Parlement par des policiers. Pas besoin d’illustrer autrement l’intrusion du judiciaire dans le législatif ! A preuve aussi, l’arrestation d’un membre du Gouvernement à l’insu du Premier ministre. Ce dernier a même dû protester sur la mode « moi l’Etat, j’apprends les vicissitudes de la marche du pays par les médias ».Enfin, l’Histoire retiendra un haut fait de « notre Fatshi national »: la canonisation du premier Président du Congo-Léopoldville.Quelles qu’aient été ses erreurs, voire ses fautes dans l’interprétation de ses prérogatives constitutionnelles en régime parlementaire, Joseph Kasa-Vubu compte parmi les hérauts et héros de l’indépendance. Ça, ce sont les faits. Ils sont têtus.

José NAWEJ/ForumdesAs

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