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RDC – Milice à Kingabwa : Vivement une enquête pour rassurer les Kinois

Août 31, 2020

Pour sa part, le FCC exige que la justice militaire se saisisse, en procédure de flagrance, de ces cas graves d’atteinte à la paix et à la sécurité nationales.Le démantèlement, le jeudi dernier 27 août dernier, par la police d’une milice à Kingabwa dans la commune de Limete inquiète des Kinois qui n’en reviennent pas de constater qu’il y a un centre d’entrainement militaire dans la capitale à l’insu des autorités.

Selon certaines sources, ce site niché à la Cellule Kamataba, croisement des avenues Bwa-Bwa et Bobozo, au numéro 6484, serait géré par un haut cadre de la Maison Civile du Chefs de l’Etat. Ceci expliquerait-il la présence de la Garde Républicaine en ce lieu ? Aux fins limiers de la Justice militaire d’y répondre.D’après des sources présentes au moment des faits, à l’arrivée de la Police pour neutraliser ces malfrats, cette dernière a essuyé des tirs avant de riposter en guise de légitime défense. Et au cours de ces échanges des tirs, le Commissaire Urbain de la PNC/Mont-Amba, le Colonel Freddy Lifenge a été grièvement blessé.Selon toujours les mêmes sources, ces hors-la-loi seraient dirigés par un certain Diyoka, en cavale depuis.

LOIN D’ETRE UN FAIT DIVERS, UNE AFFAIRE HAUTEMENT SECURITAIRE

Tous ces faisceaux d’éléments sont troublants sur le plan strictu sensu sécuritaire. On ne peut tolérer que dans une ville comme Kinshasa, qui plus est le siège des institutions, qu’il y ait un centre de formation paramilitaire. Un vrai danger contre la sécurité collective. Une vraie menace aussi à la sûreté de l’Etat.Le Front commun pour le Congo qui dit avoir suivi avec grand étonnement l’information faisant état de l’existence attestée de la base abritant des miliciens se revendiquant de l’UDPS à Kingabwa à Kinshasa, exige  » qu’une enquête minutieuse et approfondie soit menée, et que la justice militaire se saisisse, en procédure de flagrance, de ce cas grave d’atteinte à la paix et à la sécurité nationales afin d’en identifier les commanditaires, et de leur infliger les sanctions les plus sévères, conformément aux lois de la République « .Dans un communiqué rendu public le 28 août, la méga plateforme dont Joseph Kabila est initiateur et autorité morale, a exprimé son indignation face à cette situation similaire à celle de Kasumbalesa attribuée aux membres du parti présidentiel. » En raison de la similitude observée entre les activités menées par ces groupes de hors la loi, identifiés également à Kasumbalesa dans la province du Haut Katanga, le FCC exprime sa vive préoccupation de voir ces milices urbaines se multiplier d’autant qu’elles portent directement atteinte à l’État de droit, à la démocratie et à la sécurité des biens et des personnes « , affirme la Conférence des présidents du FCC. » Le FCC déplore et condamne totalement cette pratique qui porte gravement atteinte aux acquis démocratiques de ces dernières années, et craint qu’elle ne conduise à un non État « , ajoute la famille politique de Joseph Kabila.

A QUI APPARTIENT LA PARCELLE QUI SERT DE TERRAIN D’ENTRAINEMENT ?

Un Etat de droit ne peut s’accommoder l’existence sur son sol des milices au service des partis ou même des individus. Car instrumentalisés comme ils peuvent l’être, ces miliciens pourront se révéler plus tard comme la terreur pour la population. Ils sont une bombe à retardement qu’un Etat de droit se doit de désamorcer.Aux yeux de nombre d’analystes, cette enquête de la justice est d’autant plus importante que quantité de zones d’ombres devraient être élucidées. Par exemple à qui appartiendrait la parcelle qui sert de terrain d’entraînement à la « milice ». La Police pourrait aider les enquêteurs à révéler le nom du propriétaire.

LA PUCE A L’OREILLE

On rappelle que le 18 juillet dernier, la Maison Civile du Chef de l’Etat, via son Directeur administratif, le Père Pierre Mutanga, alertait l’opinion publique sur  » l’existence des réseaux des malfrats qui opèrent et commettent des actes inciviques avec le label de la Maison Civile. « Le Directeur administratif disait dans son alerte :  » Nous sommes avertis de la prolifération des activités de malveillance à travers le pays que commettent certains individus abusant du nom de la Maison Civile, de la Présidence ou encore de la famille présidentielle. A Kinshasa ou en province, ces escrocs sans gêne vont jusqu’à se doter des hommes en uniformes, afin de se couvrir dans leurs actes malsains « .Mais en même temps qu’elle sonnait l’alerte, la Maison Civile du Chef de l’Etat promettait de déployer tous ses efforts grâce à  » tous ses services secrets et à la vigilance de notre peuple pour traquer tous ces malfrats et les mettre hors d’état de nuire. »De son côté, l’UDPS, par la voix de son secrétaire général, Augustin Kabuya Tshilumba, soutient que  » ceux qui attribuent à l’UDPS la paternité de la bande incontrôlée (de Kingabwa), leur place est au CNPP (Centre Neuro Pyscho Pathologique).

POURQUOI PAS L’ENTREE EN DANSE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE?

Sur le plan politique, des références -fausses ou avérées- à un parti politique au pouvoir et à son leader sont de nature à jeter le trouble dans l’opinion. C’est pourquoi, pour tirer cette affaire au clair, une enquête minutieuse s’impose. L’armée tout comme la police disposent des structures compétentes pour ce travail.A deux semaines de la rentrée parlementaire, il ne serait pas inapproprié que la Représentation nationale se saisisse à son tour de ce dossier pour interpeler les autorités compétentes en la matière.Il y va de la sécurité des Kinois, de la stabilité des institutions et donc de l’avenir même du pays. 

Didier KEBONGO/Forumdesas

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