dimanche, juin 20, 2021

RDC-Page d’histoire : le 28 octobre 1960 Louis Armstrong  » Satchmo « , arrive à Léopoldville (Kinshasa), Par Thomas Luhaka Losendjola

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Page d’histoire : le 28 octobre 1960, le grand trompettiste américain et grande star mondiale du Jazz, Louis Armstrong  » Satchmo « , arrive à Léopoldville (Kinshasa) où la population congolaise lui réserve un accueil délirant, digne d’un roi. Joseph Kabasele et l’African-Jazz vont lui dédier une très belle chanson avec le nom congolais qu’il lui ont donné:  » Satchmo Okuka Lokole « . Chanson que vous pouvez écouter sur YouTube.
Je vous laisse lire le reportage publié dans le journal  » La libre Belgique  » du samedi 29 octobre 1960.
 » C’est une agitation d’un caractère nouveau et inattendu qui a éclaté vendredi matin à Léopoldville où, pour la première fois depuis longtemps, on a pu voir les policiers abandonner leur air farouche et se dérider à plusieurs reprises, tandis que chants et danses donnaient à la ville une atmosphère de détente.
La cause de cette explosion de joie était l’arrivée à Leo de Louis Armstrong, le fameux trompettiste noir américain.
Une vedette spéciale venant de Brazzaville traversait le fleuve Congo, amenant le roi du jazz, sa femme Lucille et ses musiciens. Tam-tam, gong et danses indigènes les ont accueillis du débarcadère où M. Bolela, commissaire général à l’Information, leur a souhaité la bienvenue.
Précédée d’un camion plate-forme sur lequel de musiciens congolais tapaient fiévreusement sur leurs gongs des messages de bienvenue  » sur la terre de ses ancêtres « , la voiture découverte d’Armstrong s’est avancée d’abord à travers les rues de la ville européenne, suivie d’une longue file d’automobiles et escortés de policiers congolais.
En cité indigène, la vue de cet étrange cortège frappa d’étonnement les passants congolais qui, visiblement, ne faisaient pas le rapprochement entre ce déploiement de forces de police en armes escortant une voiture découverte et la venue de Louis Armstrong.
Quand le cortège déboucha sur le marché indigène noir de monde comme tous les jours, on a pu assister à un étrange spectacle : la foule attirée par le tam-tam se rua au devant du camion et la chaussée fût immédiatement envahie de femmes congolaises dansant au rythme ancestral de l’Afrique, sans plus se soucier de l’illustre musicien.
Les voitures pénètrent enfin dans le parc de Boeck (actuel jardin botanique), où 2000 personnes firent une ovation à Louis Armstrong.
Pendant plus d’une heure danseurs, chanteurs et musiciens se relayèrent, interprétant des morceaux et des poèmes à la gloire du  » frère noir Louis Armstrong « . Le commissaire général Bolela prit la parole pour remercier Armstrong d’être, par sa musique,  » le trait d’union entre la civilisation africaine et la civilisation occidentale  » et il ajouta :  » Nous vous demandons d’intervenir avec tout votre prestige auprès de l’organisation internationale (ONU) qui se trouve ici pour que les problèmes congolais soient réglés pacifiquement « .
A suivre !
Par Thomas Luhaka Losendjola
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