lundi, avril 12, 2021

RDC-Page d’histoire : Manu Dibangu et l’African-Jazz de Joseph Kabasele

- Advertisement -

Page d’histoire : Manu Dibangu, qui deviendra plus tard le grand saxophoniste, intègre l’African-Jazz de Joseph Kabasele et s’installe à Kinshasa.
1. Nous avons vu, dans l’une de nos précédentes pages d’histoire, que le jeune Pascal Tabu dit Rochereau joue son premier concert au bar Vis-à-vis dans l’orchestre African-Jazz du Grand Kallé le 6 juin 1959; le même jour où l’orchestre concurrent l’OK Jazz de Franco Luambo Makiadi fête son troisième anniversaire de naissance. Le 30 juin 1959, Pascal Tabu (19 ans) termine ses études et sera engagé comme agent au Fond du Bien-être Indigène (FBI). Peu de temps après, il est embauché comme fonctionnaire à l’Éducation nationale; parce que, à l’époque, être musicien n’est pas considéré comme avoir un vrai travail. C’est plutôt un amusement.
Il est affecté à l’Athénée Royal de Kalina comme secrétaire administratif. C’est d’ailleurs là qu’il va rencontrer une belle fille qui s’appelle Thérèse-Georgette Mowana (Théthé) et qui deviendra sa femme. Il va l’immortaliser dans sa célèbre chanson  » Adios Théthé « .

Sur la photo, retrouvailles des anciens musiciens de l’African-Jazz. De gauche à droite: Manu Dibangu (saxophoniste et pianiste), Dr Nico Kasanda (guitariste), Roger Izeidi ( joueur de maracas, chanteur) et Pascal Tabu Ley Rochereau (Chanteur).

2. Fonctionnaire-musicien, Pascal Tabu est confronté à un choix difficile au mois de septembre 1959 lorsque Joseph Kabasele décide d’amener son orchestre African-jazz en voyage à Bruxelles pour des enregistrements (c’est le premier orchestre congolais et africain à aller enregistrer en Europe). Tabu décide de sauvegarder son travail de fonctionnaire qui lui garantit un salaire stable chaque mois et décline donc l’offre de voyage de Grand Kallé.
3. Le hasard fera que c’est pendant le séjour de l’African-Jazz à Bruxelles que va se tenir la Table-Ronde politique dans la capitale belge du 20 janvier au 20 février 1960.
Les frères Kanza, Philippe et Thomas Kanza, proposent aux musiciens de l’African-Jazz d’animer des soirées de détente pour les délégués à la Table-Ronde. Ces concerts sont organisés dans une célèbre boîte de nuit  » Les Anges noirs « . Ces soirées récoltent un grand succès.
4. Pendant les moments de pause de l’African-Jazz, un jeune africain joue du saxophone avec beaucoup de talent. Il capte l’attention du Grand Kallé qui l’invite à sa table. Tres ému, le saxophoniste se présente en disant qu’il s’appelle Manu Dibangu, il a 27 ans et il est camerounais. Le patron de l’African-Jazz offre à Manu Dibangu de l’embaucher dans son orchestre. Le jeune camerounais croit rêver ! La grande star de la musique africaine, Kallé Djeff veut l’embaucher ? Il accepte la proposition avec empressement et beaucoup de remerciements. Dibangu dira plus tard que  » le grand Kallé m’a ouvert les portes du paradis « .
5. Joseph Kabasele recrute Manu Dibangu pour résoudre un problème sérieux que connaît la musique congolaise à l’époque: aucun musicien congolais n’a encore la maîtrise de cet instrument qu’est le saxophone. Le seul noir au Congo qui joue très bien cet instrument s’appelle Isaac Musekiwa et il est . . . rhodésien (Zimbabwéen) ! A part lui, les orchestres kinois font appel à des saxophonistes belges comme le célèbre Fud Candrix.
7. Après l’enregistrement à Bruxelles de plusieurs chansons qui deviendront des tubes (Indépendance cha-cha, Table-Ronde, Mokili mobimba. . . C’est surtout dans cette dernière chanson qu’on entend Manu Dibangu développer son talent de saxophoniste), l’African-Jazz revient au Congo.
Manu Dibangu rejoint le groupe à Léopoldville (Kinshasa) en 1961 et y restera jusqu’à 1963.
A suivre !
Par Thomas Luhaka Losendjola
Pour plus des détails voir le livre  » Tabu Ley Rochereau  » de Jean Mpisi aux Éditions L’Harmattan.
- Advertisement -

Le + récents

- Advertisement -

Voir aussi