• mer. Sep 30th, 2020

Sakombi Molendo : « La corniche de Kinshasa restituera le Fleuve Congo aux Kinoises et Kinois »

Ayant séjourné récemment à Brazzaville, sur invitation du Groupe Starstone, société promotrice du projet de la corniche de Kinshasa, le ministre des Affaires foncières de la RDC, Sakombi Molendo, qui se faisait accompagner de ses collègues Pius Muabilu et Agée Matembo, respectivement chargés de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire a, dans un entretien au Courrier de Kinshasa, souligné l’importance de ce projet pour son pays.

Le courrier de Kinshasa (L.C.K) : Vous avez séjourné, du 12 au 15 juillet, à Brazzaville. Quel était l’objet de votre visite ?

Sakombi Molendo (S.M) : Nous avons répondu à une invitation officielle du Groupe Starstone, entreprise basée à Brazzaville, qui à l’époque du président Joseph Kabila avait signé un contrat de partenariat avec le gouvernement de la République démocratique du Congo pour l’érection d’une cor- niche qui jonchera les abords du Fleuve Congo. Approuvé au 41e conseil des ministres ayant adopté le rapport de sa concrétisation, il donc question pour nous, au regard du sacrosaint principe de la continuité de l’Etat, de sortir ce projet du congélateur dans lequel il hibernait.

L.C.K : Quels ont été les points précis durant votre séjour ?

S.M: Principalement, nous devions nous enquérir et palper les réalisations in situ de la société Starstone au Congo-Brazzaville et d’effectuer une série des visites de différentes édifications. Par la suite, nous nous sommes entretenus avec nos homologues congolais aux fins de partage d’expérience sur nos secteurs respectifs.

L.C.K : Quel sera l’apport de cette corniche pour la ville province et les Kinois en particulier ?

S.M : Il s’agit pour la ville de Kinshasa d’un projet immobilier inédit. C’est un véritable rendez-vous avec l’histoire qui fera date en redéfinissant profondément et durablement l’image de notre capitale. Il permettra de ce fait la restitution du majestueux Fleuve Congo aux Kinoises et Kinois avec un habillage moderne, entouré des espaces verdoyants, des pans d’eau et des longues promenades au bord de ce joyau qui est l’âme de notre pays.Ce projet vient corriger des an- nées des décisions urbanistiques fâcheuses qui ont privé les populations à l’accès au Fleuve Congo et à des espaces verts aménagés. La ville de Kinshasa s’est, par conséquent, repliée sur elle-même tournant ainsi les dos aux innombrables avantages touristiques qu’elle pouvait offrir avec cet atout indéniable qu’est le Fleuve Congo. C’est dire que ce projet est un tournant vers l’avenir qui va impacter un nouveau souffle à la modernisation de notre ville et, partant, à notre pays tout entier.

L.C.K : Quel est le rôle foncier que vous rattachez à ce projet ?

M.S : la corniche de Kinshasa aura pour vocation d’être la première zone « zéro conflit foncier ». La délivrance des titres fonciers ne se fera qu’après un processus minutieux d’identification géo-spatiale et un enregistre- ment sécurisé logé dans une base de données inviolables. La catharsis y sublimée permettra à nos populations de croire en un avenir meilleur dès lors qu’ils auront l’espoir de croire à une nation où les conflits fonciers n’auront plus le maître mot dans les cours et tribunaux.

L.C.K : Quelle sera la caractéristique de ce projet immobilier face aux enjeux de l’environnement ?

M.S : La vision partagée avec le promoteur est de la constituer en une ville durable et intelligente où seront sublimées la numérisation pour une meilleure interaction entre citoyens, la garantie sécuritaire et la consommation de l’énergie verte. La constante sera axée autour de l’économique, le social et l’environnemental. Pour ce faire, une rationalisation spatiale m’a amené à décider de l’expropriation de plus de trois cents parcelles répertoriées. Cet assainissement se fera avec l’aide du promoteur en vue de faire place aux nouveaux édifices sur une étendue de plus de 187 hectares. Ce qui est d’autant plus rassurant, c’est que le Groupe Starstone pour arriver à ces fins n’a pas lésiné sur les moyens en travaillant en étroite collaboration avec les meilleurs cabinets cotés en international dont entre autres la société AcriIn spécialisée dans le génie civil et portuaire.

L.C.K : Quel est l’itinéraire technique de cette corniche ?

M.S : Cette corniche va parcourir quatre zones, elle quittera la baie de Ngaliema jusqu’au centre de captage de la Régie de voie ferrée, en passant par l’embouchure de la rivière Gombe, la station Chanic Metal jusqu’à la résidence de l’ambassadeur de France.

L.C.K : Quels est le coût de ce projet ?

M.S: Ce partenariat avec la ville de Kinshasa prévoit un investissement qui sera compris entre 800 millions et 1,2 milliard de dollars américains dans lequel l’Etat congolais aura une participation de 20%. Ce projet génèrera plus de huit mille emplois.

L.C.K : Comment avez-vous trouvez votre séjour ?

M.S : Il a été au-delà de nos attentes, nos homologues respectifs nous ont reçus chaleureusement avec des échanges gratifiants et enrichissants. Je tiens par ce truchement à féliciter le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, pour sa vision et de modernisation de son pays, sans oublier le ministre Jean-Jacques Bouya qui en a été la cheville ouvrière. Cela me pousse à dire que cette visite n’est que le prélude à plu- sieurs autres qui vont suivre.

L.C.K : Qu’est-ce qui motive votre dynamisme en tant que ministre des Affaires foncières ?

M.S : Je pense que ma vision sur ce secteur a précédé mon avènement à ce ministère. Mon leitmotiv, qui est par ailleurs celui du chef de l’Etat, se résume par ces quelques mots : « Chaque bien doit revenir à son maitre », et j’en fais mon cheval de bataille.

Propos recueillis par Karim Yunduka/lecourrierdekinshasa.com

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